ABA : principes

Comme toute science, l’ABA a son vocabulaire propre (en italique sur le site), qui nécessite d’être connu pour savoir de quoi l’on parle.

La base théorique est que le comportement humain peut être modifié en changeant ce qui l’a suivi (la conséquence) et/ou ce qui l’a précédé (l’antécédent).

Chez l’enfant « neurotypique » (= non autiste), les apprentissages sont en général motivés par les félicitations sociales de l’entourage, à commencer par celles des parents (conséquence), et par le désir de faire comme les grands, d’imiter le comportement.

L’enfant autiste n’est pas sensible à ces marques de contentement, et n’a pas ou peu de capacités à imiter, ce qui entrave lourdement les apprentissages. Il faut donc lui apprendre autrement, en apportant des conséquences auxquelles il soit réceptif (= renforcement), en général quelque chose de concret (nourriture, jouet, DVD…c’est en fonction des goûts de l’enfant).

Bien sûr ces « récompenses » sont couplées à des félicitations plus classiques, le but étant que l’enfant se passe petit à petit de ces renforçateurs moins naturels, pour retrouver une capacité d’apprentissage plus normale. Ce processus est très codifié et ne se fait pas au hasard.

L’objectif prioritaire est d’apprendre à l’enfant à imiter, pour lui « apprendre à apprendre » comme n’importe quel enfant (cf étape 3 définition de guidance et de modèle) .

 

Pour plus d'exemples et d'informations concrètes, regarder sur le site et sur le blog les pages suivantes :

- L'ABLLS, c'est quoi?

- passons à la pratique (1)

- du concret

- supervision/BCBA

- Babel

- comportement verbal

 

 

Voici un document qui résume des données lues :

(ATTENTION, d'après les retours que j'ai eu, la lecture de ce qui suit nécessite la prise préalable d'un puissant antalgique contre la migraine...)

Par rapport à un enfant « neurotypique » :

-          l’enfant autiste imite moins (peut imiter pour atteindre son but, ex. obtenir un objet convoité, mais pas pour « être et faire comme les autres »),

-          l’enfant autiste parait moins intéressé par les autres personnes (accorde moins d’attention), et cherche moins à simplement « faire plaisir »,

-          l’enfant autiste partage moins ses intérêts avec d’autres personnes. (= attention conjointe).

Ces déficits limitent les occasions naturelles d’apprentissage.

Mais il est possible de modifier ces comportements par l’ABA.

Pour cela, on procède par étape :

 

ETAPE 1 : OBSERVER LES COMPORTEMENTS DE L’ENFANT

Un comportement est une action observable (cris, sons, regard…), et non un état ou un sentiment (frustré, en colère, faim…).

 

Noter les comportements que l’enfant manifeste, aussi bien ceux que l’on voudrait voir plus souvent (dire « maman », faire un sourire, regard…), que ceux que l’on veut voir diminuer (cris, ne répond pas à son prénom...).

Noter cela dans toutes les activités de la journée.

 

ETAPE 2 : OBSERVER CE QUI A SUIVI LE COMPORTEMENT  (la conséquence) :

Tous les comportements ont un but =  une fonction, qui est en général d’obtenir une conséquence satisfaisante pour l’enfant.

Le but peut être d’obtenir quelque chose (un objet/de l'attention/du plaisir), ou d’éviter quelque chose. Le même comportement peut avoir plusieurs fonctions différentes (exemple : pleurer pour que maman me regarde, ou pleurer pour ne pas me brosser les dents)

Les comportements s’installent en réponse à la conséquence qui est apportée ; donc bien réfléchir : quels sont ceux que l’on veut conserver? Ques sont ceux que l’on veut supprimer (cf. étape 6)?

-          si le comportement n’est suivi par aucune conséquence en rapport avec le but de l’enfant : c’est de l’extinction. (exemple : ignorer des cris qui ont pour but d’attirer l’attention)

-          si le comportement est suivi par un évènement indésirable pour l’enfant : c’est une punition  (exemple : dire « non », ou « pas maintenant », le repousser quand l’enfant approche)

Extinction et punition affaiblissent le comportement utilisé pour parvenir au but, et le comportement va diminuer et disparaitre avec le temps. ATTENTION : ceci est valable pour les « mauvais » mais aussi pour les « bons » comportements ! 

-          si la conséquence est positive pour l’enfant, qu’il atteint son but (exemple : maman me regarde ou s'approche de moi, ou accepte que je ne me brosse pas les dents), le comportement (pleurs) pour l’obtenir est renforcé.

ATTENTION : parfois une conséquence qui, en apparence, est une punition peut en fait être renforçante ! (gronder, punir si le but est d’attirer l’attention : mettre hors de soi un parent, un membre de la fratrie peut parfois être un but en soi…!)

 

RQ : la définition de « bon » et « mauvais » comportement est avant tout basée sur ce qui est socialement admis et acceptable, et sur ce qui est adapté à l’âge de l’enfant (pleurer pour attirer l'attention est adapté à 4 mois, et ne l'est plus à 4 ans...).

 

 

ETAPE 3 : IDENTIFIER CE QUI A IMMEDIATEMENT PRECEDE LE COMPORTEMENT (= ANTECEDENT)

Dans les 2 étapes précédentes, on a vu deux principes d’apprentissage : 1 la fonction d’un comportement est d’obtenir ou d’éviter certaines choses/expériences. 2 la conséquence qui suit le comportement va renforcer ou affaiblir le comportement.

Il y a un troisième principe important : l’antécédent, qui est le « stimulus », le « signal » qui va déclencher le comportement. L’antécédent est souvent présent dans l’environnement de l’enfant (perçu par ses sens : voit, entend quelque chose). Ce peut être aussi un état ou un sentiment (peur, faim, joie…)

Dans le processus d’apprentissage, il faudra donc relier le nouveau comportement, ou comportement souhaité, à un antécédent approprié.

Quels sont ces antécédents (appropriés) ? Il est facile de penser aux instructions verbales (l’enfant se comporte comme on le lui demande, ex. "range ta chambre!"). Toutefois, quand les comportements que l’on veut développer sont des comportements indépendants, (ceux que des enfants neurotypiques utilisent sans instruction particulière (exemple : jouer, aller au WC, dire bonjour à son père qui rentre du travail…)), on va privilégier la communication non verbale, donc éviter les instructions verbales. 

On peut utiliser une instruction verbale, si elle est utilisée naturellement pour un enfant neurotypique,  mais ATTENTION : il faut laisser le temps à l’enfant d’y répondre (environ 5 secondes) ; s’il n’y répond pas, il faut le guider autrement (visuelle, physique : cf. plus loin la définition de guidance) puis le renforcer. Ne pas laisser l’enfant ignorer une consigne (= instruction verbale).Toujours le guider, sinon il apprend à ignorer les consignes…donc attention à poser des consignes que l’enfant peut/sait facilement respecter, ou que l’on peut facilement guider.

L'enfant autiste doit "apprendre sans erreur" donc si il ne sait pas répondre à une question, ( = une consigne = un antécédent), il faut lui reposer la question et l'aider (le guider) immédiatement, et celà à de nombreuses reprises (c'est ce que l'on appelle des "essais massés")

 

RQ = définition de guidance : c’est une "aide", un "signal" utilisé pour initier un comportement. Elle peut être physique, visuelle, ou verbale. (ex : toucher le bas du dos de l'enfant pour qu'il se lève suite à la consigne "lève-toi", guider sa main pour dessiner, pointer du doigt l'image du chat quand on demande à l'enfant "où est le chat?" etc.)

Il faudra impérativement progressivement la diminuer (= estompage) pour que le comportement soit le plus naturel possible, et que l'enfant ne reste pas dépendant de cette guidance. Le plus facile à estomper est la guidance physique, puis visuelle, puis verbale.

 

RQ = définition de modèle : faire ou dire soi-même ce que l’on veut que l’enfant fasse ou dise, pour qu’il l'imite. C’est aussi une guidance, l'une des plus naturelle (celle qui est utilisée sans y penser avec les enfants neurotypiques). C'est ce que l'on appelle dans la vie de tous les jours "montrer l'exemple"...D'où l'importance capitale et primordiale de développer les capacités d'imitation (très défectueuses) chez les enfants autistes.

 

 On peut aussi modifier les antécédents pour aider à réduire les comportements indésirables.

 

ETAPE 4 : ASSEMBLER LES ELEMENTS (ABC = Antécédent, Behavior (comportement), Conséquence)

Commencer par le comportement (B) et son but (= sa fonction, cf étape 1 et 2), puis C, puis A. (faire un tableau à 3 colonnes)

 

 

ETAPE 5 : UTILISER L’ABC POUR AUGMENTER LES OPPORTUNITES D’APPRENTISSAGE, et apprendre à l’enfant de nouvelles compétences, de nouveaux comportements

Toutes les interactions que l’on a avec l’enfant sont des occasions pour lui d’apprendre. Il y a toujours des choses que l’enfant désire, ou des choses que l’enfant veut éviter.

-          Observer l’enfant : noter ce qu’on lui a donné, ce qu’on a enlevé/changé, noter comment l’enfant a communiqué son besoin/désir/refus. Dans toutes les activités quotidiennes.

Si l’enfant n’a pas communiqué (on a précédé son souhait/refus…) : ce sont des « occasions d’apprendre » manquées ! dans les jours qui suivent, essayer d’attendre que l’enfant communique, ou guider pour qu’il communique (modèle, guidance physique…)

 

-          Comment l’enfant communique-t-il ? il faut que ce soit de la façon la plus « mature » possible (pour lui) avant de renforcer.

Lister les comportements que l’enfant connait et qu’il fait facilement (pointer ? vocaliser ?...).

Si l’enfant utilise un comportement inapproprié, ignorer ce comportement, puis montrer à l'enfant le comportement souhaité (modèle ou guidance physique…), et enfin le renforçer. (exemple : l'enfant crie pour attirer l'attention : on attend sans l'approcher ni le regarder environ 5 secondes après qu'il soit calme, puis on lui donne le modèle verbal "maman", ou "viens" et dès que l'enfant vocalise on lui donne notre attention)

 

ETAPE 6 : MODIFIER LES COMPORTEMENTS INDESIRABLES

Exemple : crier, mordre, se taper la tête par terre…

Identifier un des comportements que l’on souhaite voir disparaitre, et écrire la séquence ABC.  Se dire « que veut-il en faisant cela ? quel est son but ? » puis « que voudrais-je qu’il fasse pour parvenir à son but »  : c'est un comportement dit "alternatif" ou "de remplacement".

RQ : Un bon comportement alternatif est un comportement facile à faire pour l’enfant (déjà présent dans son répertoire, ou facile à guider), et qui lui permet d’obtenir ce qu’il souhaite aussi vite que le comportement que l’on veut supprimer.

Il faut guider l’enfant AVANT que le comportement indésirable apparaisse, puis renforcer.

Sinon, extinction (cf étape 2 et étape 5), puis on guide.

 

EN CONCLUSION : on apprend quelque chose à l’enfant à chaque fois que :

-          On renforce (= on donne une conséquence positive à) un comportement désirable

-          On guide l’enfant pour utiliser un comportement plus mature ou plus approprié

-          On donne le modèle pour un comportement souhaité et l’enfant l'imite

-          On ne renforce pas un comportement indésirable (extinction ou punition, cf étape 2, 5 et 6), et on le remplace par un comportement adapté

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