ABA/autres prises en charge

D'autres prise en charge que l'ABA existent, bien sûr!

L'une des plus connues est le TEACCH, qui est une méthode utilisant largement les supports visuels et la structuration de l'espace, du temps...et en effet, cela fonctionne, car les autistes ont en général de bonnes compétences visuelles. Ils sont également peu flexibles et apprécient les routines. Mais si ces aides visuelles et ces cadres sont supprimés, la personne avec autisme a beaucoup de mal à fonctionner.

La différence est un peu celle qu'il y aurait entre proposer un fauteuil roulant ou proposer une rééducation intensive  à une personne paraplégique. Dans le second cas, il s'agit de se donner les moyens de tout tenter pour que la personne marche à nouveau un jour, même si la probabilité que cela se réalise est faible, plutôt que de donner d'emblée un outil pour pallier le handicap.

En ABA, l'objectif est de rendre la personne la plus autonome possible au sein de la société, en l'adaptant au mieux de ses capacités à son environnement. Et pas l'inverse! Bien sûr malgré cette prise en charge, une proportion non négligeable d'autistes aura besoin d'aide dans son quotidien, mais cette aide est apportée de façon individualisée, uniquement si elle est nécessaire. Il est plus facile d'apporter une aide petit à petit en fonction des besoins plutôt que de retirer des aides mises en place alors qu'elles n'étaient pas indispensables.

Pout être pleinement efficace, il faut que cette "rééducation" commence tôt, dans le meilleur des cas avant 4 ans. Le but sera pour l'enfant "d'apprendre à apprendre" (et non de lui apprendre de multiples compétences...on vise à long terme l'indépendance, l'autonomie!). Cela implique de lui enseigner à regarder les autres, à leur prêter attention, et à les imiter. Ces objectifs sont prioritaires car ils sont à la base de tous les apprentissages.

 

 

Voici une traduction libre tirée de l'ESDM, qui est un modèle comportemental de prise en charge de l'autisme pour les enfants (très) jeunes, proche de l'ABA :

"Notre préférence est d’enseigner aux enfants des compétences qui leur seront utiles dans la vie de tous les jours, dans de multiples lieux/conditions, avec de multiples personnes. C’est pourquoi on commence la prise en charge en utilisant le matériel, les antécédents, le renforcement qui est présent dans l’environnement naturel. Cela facilite la généralisation des compétences.

Une des raisons pour ne pas utiliser des images pour accompagner le langage est parce que nous voulons que les enfants développent une bonne discrimination auditive. Si l’image est là, elle devient le stimulus pour le comportement, et le langage qui l’accompagne n’est ni un stimulus ni une guidance, il n’y a pas de raison pour y prêter attention (du point de vue de l’enfant). En utilisant le langage, les gestes ou tout autre type de communication habituel comme stimulus, et en estompant progressivement les guidances, on sait que les enfants apprennent à discriminer la parole. Bien qu’il y ait des preuves que les enfants avec autisme peuvent apprendre à parler en utilisant le PECS, il n’y a pas de preuve que cet apprentissage soit plus rapide qu’avec un système verbal.

Une autre raison est qu’il faut beaucoup de temps pour mettre correctement en place un système basée sur des images. Ce temps pourrait être mis à profit pour apprendre à parler, et pour apprendre à comprendre le langage, les gestes (= communication non verbale).

Bien sûr si l’enfant stagne, si les progrès ne sont pas présents, il est justifié d’utiliser un système de communication par images, mais il ne sera nécessaire que pour quelques enfants, par pour tous. Dans une étude de 2010 sur l’ESDM, 90% des enfants pris en charge à ou avant 2 ans parlent avant 5 ans."

Voilà qui explique bien la logique de ne pas utiliser des aides si elles ne sont pas nécessaires. Ceci dit, en France, le diagnostic est en général fait à 6 ans, donc un peu tard pour une prise en charge ESDM...

 

 

 

Une des critiques récurrentes concernant l’ABA est que cela fatigue les enfants.

En effet, c’est fatigant, comme peut l’être une journée d’école.

C’est exigeant, mais comme devrait l’être l’éducation en général.

Il ne faut pas perdre de vue l’enjeu : il s’agit ici d’une véritable rééducation, dont le but est que l’enfant puisse retrouver un fonctionnement le plus « normal » possible (= compatible avec une vie humaine autonome en société). Il y a des moments difficiles, mais qui irait dire à des parents dont l’enfant a un handicap moteur, une paraplégie par exemple, « non, il ne faut pas faire de rééducation, de kiné, c’est trop dur, ça va le fatiguer » …  Oui sans doute, mais s'il peut à nouveau marcher un jour, est-ce que ça ne vaut pas le coup ?

J’entends aussi dire « oui l’ABA c’est pas mal, mais il faut que ce soit bien fait »….Bien sûr, la qualité des personnes qui travaillent auprès de l’enfant est primordiale, car il s’agit d’une science précise et complexe (ce n’est pas un « outil », une « technique », une « méthode »), dont les enjeux sont énormes (l’avenir d’un enfant), et qui exige un grand professionnalisme au risque d’être néfaste. Et on en revient toujours au problème de la formation, de la supervision quasi inexistante en France, hormis à Lille (merci Mme Rivière)…

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