Sur les rails

En Septembre 2011, Paul n'a pas été accepté à l'école car il n'était pas propre. Nous n'avions pas encore le diagnostic de son handicap. Trouvant injuste qu'il n'ait pas accès à la vie en collectivité avec des enfants de son âge, contrairement à son frère jumeau, je l'ai inscrit à la crèche : l'accueil de la directrice et de toute l'équipe a été extraordinaire de bienveillance et de tolérance.

Depuis nous avons déménagé, et nous avons eu la chance de rencontrer un directeur d'école et des institutrices tout aussi ouverts d'esprit, prêts à accepter nos thérapeutes dans leur salle de classe. Grâce à cela, Paul va tous les matins à l'école.

Bien sûr il n'a pas les mêmes compétences "académiques" que les autres enfants, et d’ailleurs ces compétences, même si elles sont travaillées avec le reste du groupe, ne sont pour l’instant pas prioritaires.

 Les objectifs sont :

-       Que Paul tolère d’être séparé de moi

-       Qu’il apprenne à se comporter de manière socialement « acceptable » : limiter les cris, colères, gestes agressifs (taper, mordre…et oui!!!)

-       Qu’il imite les autres enfants, en particulier dans les moments de motricité, jeux, comptines mimées etc., et qu’il initie ou tolère les interactions avec les autres enfants (échanges physiques, vocaux)

-       Qu’il apprenne certaines routines de classe (accrocher son étiquette, rester assis calmement pendant le temps de regroupement)

Bref…le but est de se comporter de façon civilisée…aux yeux du commun des mortels, un enfant autiste peut passer pour un enfant mal élevé, colérique et turbulent !

Pour l’instant, on avance bien sur ces objectif, dès qu’ils seront atteints, d’autres seront fixés.

 

Merci aux institutrices pour leur soutien, leur participation et leur engagement !

 

Cette inclusion dans le système scolaire ordinaire est pour moi primordial : Paul a beaucoup à apprendre des autres enfants. Mais elle n'est profitable que s'il est accompagné par ses thérapeutes. Sans cela il s'enferme dans sa bulle, et n'apprend rien...il est juste "là", sans être là d'ailleurs...On en revient toujours au fait qu'il est urgent de former et d'encadrer des personnes compétentes pour encadrer les enfants porteurs de ce handicap si déroutant.

Comme me le disait une des institutrices de Paul, son inclusion se fait dans les meilleures conditions que l'on puisse avoir, aussi bien pour lui que pour l’équipe enseignante, mais il faut bien savoir que nous (ses parents) en supportons totalement la charge financière ! Quoiqu’on en dise les AVS ne sont pas formées à l’ABA et à l'autisme, et comme tous les parents, nous voulons donner à Paul les meilleures chances possibles de réussite…Nous espérons pouvoir continuer à assumer matériellement ce choix sur le long terme..

Mon angoisse (partagée par tous les parents d’enfants « comme Paul ») : qu’il descende du train en marche, ou à la prochaine gare…Une fois sorti du système scolaire, les chances d'avoir une vie "normale" s'amenuisent...

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